lorsqu’il plie bagage un oiseau déploie ses ailes et emporte ce qui l’a porté, l’air et l’eau et le vent et la terre et tout cela retrouve les courbures d’un fruit…parfois il laisse traces de ses envols dans des cantilènes tout autant que dans les courbes de ses plongées et remontées dans le bleu opalescent des instants de sa vie ou le noir translucide de sa mort…on peut chercher sans trouver quoi ou qui que ce soit dans les empreintes de son passage dans l’étoilé de ses bonds et sauts, le pointillé de ses pattes dans les rides des visages éplorés et interloqués des vivants… ou dans les encres qui se décolorent dans les tapuscrits des quelques écrits éparpillés presque au jour le jour d’un journal de bord…

/

de quelques pages presque blanche /...ça deviendra peut-être un livre...cet objet fabriqué de feuilles de papier qu'on tient dans nos mains, qu'on observe longuement en silence, qu'on feuillette à peine du bout des doigts, de l'oeil et de notre salive et dont notre oreille a vaguement entendu les ouïe-dire et les qu’en dira-t-on… debout dans l’allée étroite d’une librairie qu’on encombre de notre ennui du dimanche en se lisant quelques lignes de temps à perdre…on hésite, on tergiverse, on raticione puis on se dit que ce sera pour un autrefois cette histoire d’amour qui attend son avenir en espèrant son présent…

/

un greyhound afghan / en provenance de nulle part, en direction de partout en provenance de partout, en direction de nulle part…un voyageur avec pour tout bagage quelques cahiers de feuilles lignées ou quadrillées aux couvertures rigides ou souples achetés selon les impulsions des moments dans des centres d'achats, des pharmacies des magasins à rayons, des étalages de soldes de fin de…