…le givre…pas celui de la buée tiède de notre haleine sur la vitre de la fenêtre transparente de l’après-midi glacial d’un dimanche de mi-janvier…mais l’autre… celui du sang rouge de nos mains qui se vert de grise sous la peau circulant à la fole allure de ses petits battements par les réseaux des géographies des veines bleues et vertes de nos mains immobiles et vides des douceurs brûlantes d’une autre main qui ne nous tient pas les doigts au chaud… nos doigts gourds et inertes qui tremblent un peu pour ne pas dire à peine en priant à perte…

/

...parfois certaines absences se font pléiades de présences diffuses, étoiles falotes des petits cailloux d'un sentier à suivre, d'un chemin à prendre, d'une montagne de vertiges à gravir, d'une ascension à emprunter à mains nues et petits pas à pas hésitants de nos pieds gelés parmi les étoiles des obscurités bringebalantes du dôme des grisailles du soir d'une nuit poudreuse et venteuse de neige grise des blancheurs et des froideurs des effluves âcres d’une forêt dérivant de l'embouchure d'une rivière ocre dans le fleuve noir d’un blizzard de janvier…

/

...des quelques tintements d'un carillon éolien bon marché et de seconde main, usagé et inutile et sage et serein comme je suis à le devenir, à défaut d'allumettes de bois je me façonnes de ce froid gris-bleu de grésil un peu de chaleur et ce faisant un peu de lumière par ce dimanche atone de mon soixante-dixième hiver...

/

aussi grave que la blancheur enrouée d’une corne de brume qui signale les rivages boueux d’une nuit noire qui clapote sur les flancs d’un navire qui transporte à bon port le pétrole des risques et périls

aussi cahotiques et étouffés que les cris des frayeurs des bêtes dans les cubes cadenassés des wagons fienteux en queue des trains de tête de nos orients des luxes des dancings de nos bassesses express à la petite semaine des 365 jours d’une nouvelle année…

/

peut-être parviendrai-je à donner à voir ce que j’entends et à lire ce que j’écoutes …

de quelques pages presque blanche

...ça deviendra peut-être un livre...cet objet fabriqué de feuilles de papier qu'on tient dans nos mains, qu'on observe longuement en silence, qu'on feuillette à peine du bout des doigts, de l'oeil et de notre salive et dont notre oreille a vaguement entendu des ouïe-dire. et des qu’en dira-t-on… debout dans l’allée étroite d’une librairie qu’on encombre de  notre ennui du dimanche en se lisant quelques lignes de temps à perdre…on hésite, on tergiverse, on raticione puis on se dit que ce sera pour un autrefois cette histoire d’amour qui attend son avenir en espèrant son présent…

/