je me demande si… lorsque l’on meurt on est comme un voyageur qui à la veille de son départ repasse dans sa tête s’il n’a pas oublié ces petits quelques choses, ces presque riens qu’on laisse derrière soi par un banal moment d’inatention, par mégarde, par oubli …comme ce quelqu’un qu’on a infiniment aimé et qui nous a laissé sur le quelque part du quai d’un jadis où on l’attendait malgré les encore et les toujours de ce coeur brisé comme un bracelet ou une laisse qu'on ne parvenait pas à rogner et ronger jusqu'à cet os du sternum qui nous tient notre souffle dans sa cage ...il y a de cela de longues et lentes et lointaines années… je me demande si…et la réponse est simple et claire comme le silence des bruits de pas qui ne résonnaient dans la salle vide du ridicule de cette gare et encore moins le dérisoire du mot d'adieu même pas murmuré de mon côté de la porte tournante du temps dans lequel l'autre s'était engouffré...à la vitesse d'un éclair de chaleur...
des psaumes et des pierres

Un à la fois et un avant l’autre et l’un devant-derrière l’autre et par-dessus et en dessous de l’autre mais tous imbriqués dans l’Un.

Ce mur de lumière sur lequel on se frappe le front et se cogne les poings.

Une pierre grise et l’autre rouge et entre les deux ou les trois entre chacune le minusucle du moment des petites pierres blanches où on reprend notre souffle pendant que notre chevelure grisonne et que nos visages  se rident et que nos veines se font saillantes vertes et bleues et roses sous notre peau qui est sur nos os et que nos mots se parcheminent dans notre bouche avec cette petite bave sucrée et amère à la commissure des lèvres comme un nourrisson et les gouttelettes du lait chaud du sein sous lequel il sommeille rassasié dans l’odeur et les parfums de la miséricorde, l’éternité.