je ne savais pas que je deviendrais un violoncelle  ( en écriture )

... sur l'ardoise ... sur le noir blanchâtre de l'ardoise ... les crayonnages du brouillé et du brumeux des lueurs effacées, le clair-obscur du silence, des mots qui parviennent en s'enchaînant aux souffles des uns et des autre ... à se faire phrases, pensées, réflexions des obscurités de l'oeil et lueurs de ce qui est une âme ... la mienne ... chantonnant l'à peine audible du battement du corps que l'on a, que l'on est ... dont on se déchausse ....car il va jour après nuit son chemin se délestant de soi ... cette petite foule qu’on pensait être nous ...

 ... de nos jours tout autant que de nos nuits ... c'est rarissime il est peu question et encore moins réponse dans tout ce qui se publie en ce qui touche de près ou de loin à la joie ... le silence y est total ... à moins que ce ne soit de l'incertain sourire de paupières closes ... l'énigme se résout d'un oiseau qui se tait comblé et rassasié de ce qui vient de chanter en lui ... cette lumière grise de l'infini auquel il a bu à même la source du bleu...

alors.... dans la mesure de l'impossible tenter la démesure du possible ... et ce au quotidien comme l'est le pain ... celui perdu et trouvé ... les miettes des moments ... le sec des instants ...

.... il pleut selon les circonstances du soir une certaine charité des choses et revivent les abondances d'un jardin ... qui n'est pas celui des enfances mais en recèle les tracés ... les sinuosités atones dans l'iris du regard ... la luminosité de l'étonnement de l'émerveillement de l'âme ... de faire  ainsi son âge après en avoir fait son temps ….

… ce matin comme à tous les matins du monde …. l’aumône de l’aube et l’obole de l’aurore ….

écrire ? ... peut-être ... qui sait …

...se délester du temps et de son air ambiant de tapages de vacarmes du goutte à goutte sanglé au poignet gauche des paumes de nos mains se boucher les oreilles puis fixer l’étang en plissant les paupières les reflets de l’eau et leurs danses leurs miroitements leurs chatoiements leurs asynchrones scintillements de silences d’éclats brefs de copeaux de cris ou de larmes rabotées et retenues … comme le sont les poissons de l'étang … qui parfois exotiquement tiennent des carpes nippones ...

.... le soir .... la nuit peut tomber ... s’étendre, se répandre ... l'aube la balaiera du revers de demain …

... l'heure de la lente bascule du globe et donc du temps ...à vue d'oeil la luminosité de la journée s'effiloche, l'oeuf bleu se fendille sous la pioche du bec d'un oiseau de nuit qui veut vivre et voler de ses propres ailes engluées de soupirs désespérés d'espérances d'espaces ...qui ne seront pas celles qu'il espérait de sa nuit ...

lorsque la journée est quasi finie, presque terminée et que s’entre-baille la porte et s’ouvre la fenêtre fermée de la fin d’une journée de mi-semaine comme ce mercredi avec vue sur l’océan que je portes à mon oreille comme un coquillage vide et creux comble de ressacs …

comme on dit je détalle et dételle le cheval dont je n’ai pas possession ...

parce que si j’avais un cheval je le voudrais libre d’attelage sinon de celle de l’apprivoisement qui ne se tisse que de loin en loin par pure et simple politesse d’exister et d’être au monde

car plus que parfois c’est le lointain qui rapproche sans aucun licou autre que celui d’une caresse sur le museau dans les tiédeurs et les touffeurs des crinières et sur le bombé des flancs qui protègent un coeur dedans qui bat tambour et toujours… dedans autant que dehors la vie ...

donc si était encore un cheval ... bien que ce soit de moins en moins probable et de plus en plus impossible si un cheval me possédait autant que certains chevaux de mon passé que j’ai voulu et désiré et derrière et devant les quelques rares croisés et qu'à leurs côtés j’ai cavalcadé et trotté des bouts plus ou moins longs ou lents mais vifs toujours profonds comme des blessures blanches et des cicatrices roses de mon existence

des chevaux qui m’ont été et me sont encore des accompagnements parfois à la fin d’un jour gris de pluie faible et froide ..

en sourdine... à la radio ... les murmures des brumes d’une messe … radiodiffusée à heures fixant le flou le nébuleux le diaphane des successions des saisons traversées ...   une vie vaut bien une messe basse... très basse ...

... peut-être un peu de lecture  précédant le sommeil ... les battements du coeur perçus dans le cou,  la jugulaire ou la carotide d'une absence à moins que ce soit une présence ... Dieu n’étant pas une théorie ou un concept pour moi une paix intermittente …

... veille ... comment dire le comment ? le quand et le pourquoi ? le quand ça commence ? le pourquoi l'on fait cela ? ... l'on devient cette ombre cette silhouette pleine de pénombres qui parle dans le silence des regards des yeux qui écoutent des clartés, des fulgurances de souffles qui oscillent qui vrillent qui fusent puis se taisent opaques comme des braises, des ardeurs qui s'éteignent noirâtres... consummées... gisantes inertes inanes comme des flammes dont les lueurs sont jetées froissées dans les plis des mémoires qui oublient ......honnêtement je ne sais ni le pourquoi, ni le comment ni le quand ...simplement je tentes depuis 50 ans de le vivre honnêtement ...et ce de plus en plus du mieux de mon peu ...

...l'une des plus grandes et séduisantes tentations de la littérature est celle d'écrire...en plus de la patience le silence a l'oreille fine et chez moi au moindre mouvement des doigts ou des lèvres la phrase détale et s'enfuit à folle allure… et ma belle épouvante, froissée est mise au panier… plus que sotto voce c’est bocca chiusa, en apnée que je parviens à écrire et encore là je ne fais que transcrire la plongée et raconte une fois revenu en surface la nacre de ce quelque chose qu’on nomme un souffle…

/

...précarité du vol...et tout autant précarité que d'être perché sur une branche...confiance de l'oiseau...

/

... je n'ai jamais entendu l'aurore rugir et l'aube ne fait aucun bruit... c'est sur la pointe de ses pieds nus que le jour se lève et que vers l'étang s'avancent les bêtes dont je suis pour étancher leurs soifs et apaiser leurs nécessités de lumière après l’obscurité terrible de la nuit...

« je ne savais pas que je deviendrais un violoncelle… » car on a beau tout prévoir tant le mieux que le pire on ne sait pas...ou si peu… / parfois par un petit matin blanc et opaque de brume verglacante entr’apercevoir le souvenir de la fragile silhouette du souffle d’une voix qui flâne… / l’un sur l’autre se superposent le point de chute et le point de fuite…en bout de ligne et en fin de conte… /en matinée… chemin faisant ce matin, écoute des calligraphies de quelques chants d’oiseaux haïkus dont tout come moi je ne saurai jamais de quelles espèces ils sont ou auront été… ce que ces écrits ne sont pas et ne seront jamais 俳句 / poème bref / haiku / la fragance acidulée de l’empreinte d’un pied nu, le parfum capiteux de la trace d’un pas puis d’un autre pas puis encore d’une autre des pieds d’un corps en marche vers le monde à l’envers d’un lit défait…les odeurs votives d’un lit défait… / ... l'enfance, pieds nus dans les gravats des neiges des embâcles de février… / ...dans la neige blanche de la nuit noire, les lignes droites et sinueuses des empreintes des pattes d'un chat à son retour à ce qui lui sert pour le moment de bercail… / ... l'enfance, pieds nus dans les gravats des neiges des banquises de février… / …le silence des enchevêtrements de quelques phrases…/ archet jaune d’un rayon de soleil rugueux arcanson faisant résonner la cicatrice d’une des blessures parmi les nombeuses données et reçues… infligées… / de ce qui fût dans un autrefois et un ailleurs et un jadis et un à jamais et un à toujours blessure / ..début du désencombrement des gravats des pans du pittoresque enfin tombé...il me suffit enfin comme dans l'enfance du fragment d'une branche pour que se déploie et se dresse une forêt, du duvet d'une plume de pigeon pour retracer les trajectoires des arabesques des envols et des vols planés d'un oiseau...d'une parcelle de silence pour plus qu’entendre mais écouter le chant des choses...comme je l'ai écrit je ne savais pas que je deviendrais un violonceelle lorsqu’il plie bagage un oiseau déploie ses ailes et emporte ce qui l’a porté, l’air et l’eau et le vent et la terre et tout cela retrouve les courbures d’un fruit…parfois il laisse traces de ses envols dans des cantilènes tout autant que dans les courbes de ses plongées et remontées dans le bleu opalescent des instants de sa vie ou le noir translucide de sa mort…on peut chercher sans trouver quoi ou qui que ce soit dans les empreintes de son passage dans l’étoilé de ses bonds et sauts, le pointillé de ses pattes dans les rides des visages éplorés et interloqués des vivants… ou dans les encres qui se décolorent dans les tapuscrits des quelques écrits éparpillés presque au jour le jour d’un journal de bord… les mises à jour de ce qui était en veilleuse… quelques images et il y a langage...la fenêtre sur le fleuve...il y aussi les mots, les phrases, les paragraphes, les livres qui sont des fenêtres ou des portes qui claquent en se fermant ou grincent en s'ouvrant sur des paysages sans cesse changeant selon les obscurités des saisons de la lumière… ...l'heure de la lampe du soir...sur votre gauche...et il importe peu que l'heure soit dite avancée ou reculée...le temps passe...sans faire plus de bruit que la lumière du jour ou celle de la nuit... le temps est une transparence qui tient de l'aquarelle, de la feuille blanche dans laquelle surgit notre silhouette silencieusement en marche en chemin faisant route dans l'éternité... ...de la blancheur du blanc faire le grésil du noirâtre gris du verglas d'un lundi soir de pluie ...sans prétendre ou tendre au haïku laisser les gouttes d'eau glisser comme des larmes sur le lisse à peine bombée des vitres, à peine creusée des rides roses des joues...on ne saura jamais le quoi qui a fait que le chien somnolent à nos pieds soudainement nous regarde fixement avec bonté… avec une certaine ingéniosité et et tout qu’ingénuité on a avancé l'heure en pensant avoir retardé l'aube et ainsi fait reculé l’aurore...ma montre-bracelet étant depuis quelques temps déjà selon les désormais des astres et des saisons ça me suffit amplement dans mon gousset pour prédire les heures et me murmurer le quand et le comment calligraphier les instant de mes moments… ...avant que de devenir un violoncelle il faut d'abord être un arbre...et cela prend un instant c’est-à-dire des jours, des nuits, des semaines, des mois, des saisons, des années, des siècles et des millénaires de solitude dans une forêt de multitudes…il faut apprendre à ouvrir les bras et ainsi à porter des nids dans lesquels s’élaborent des éclosions de vie et ainsi à dire merci et puis adieu et aussi au revoir parfois et souvent…mais toujours merci… par le tête-à-tête de cette écriture... je commences à comprendre mon comment et à m'expliquer mon pourquoi... merci…pour les pluies et les grêlons et les arcs-en-ciel…et les étoiles filantes qu’on n’a pas regader nous filer entre les doigts et les poissons-lune qu’on a remis à la mer en les regardant gagner le large, prendre leur distances…en mains propres et soi qui est parfois nous avec notre ombre sur le sol les pieds nus dans le glaiseux et le boueux des sables et des vagues de cette plage de cette île sur laquelle on a échoué et accompli mille fois notre tour de terre… ...donc dans 8 jours re-départ ou retour... c'est selon comment on regarde derrière ou devant soi les perspectives des points de fuite des saisons à traverser ou des lignes de vie à franchir… pour un écrivain ou quelqu’un qui croit l’être et va même jusqu’à espérer le devenir la page blanche est un espace dangereux car on peut y tomber facilement dans les pièges et tentations d'écrire dont la plus courante et courue est celle de faire de la littérature… ce matin, comme à tous les dimanches que le bon Dieu amène, écoute de quelques plains-chants et enfin ce longtemps chercher et cet enfin trouver espace-temps des psalmodies des pierres du désert… plier bagage et n'apporter que ce qui nous emporte et nous porte...le vent, la lumière du jour et celle de la nuit, la vie et la beauté malhabile et la bonté maladroite non seulement d'avoir été et d'être encore mais de devenir… …suite du précédent ….comme il paraît que je suis vieux on peut penser que j'écris sur le tard mais dans les faits ce sont des choses auxquelles je pensais lorsque j'ai été un enfant...il y a de cela presqu'hier et à peine aujourd'hui et pas encore demain mais ça viendra... je suis patient .... fermer la fenêtre en se disant que la journée n'a pas été inutilisée qu'ainsi le temps donné n'a pas été perdu et donc qu'on n'aura pas au réveil à la rechercher demain ou après-demain parmi les cafouillis du jamais et les clapotis du toujours...l'éternité est plus simple qu'on le pense et à portée de main et de pied sur le plancher comme un soulier… la marche est parfois longue et lente et dure mais le paysage est beau et l’orage est nécessaire pour que l’arc-en-ciel d’un instant exise…un instant… sachant de mémoire l’impatience des anges il m’a fallu apprendre la patience de l’âge… la chose prend du temps et son temps… le noir de la nuit, le trait de la barre blanche du jour, l'aube et l'aurore sont les premières pages que je feuillettes à mon réveil, j'en fais lecture à voix basse... y flottent parfois des fragments de sommeil irisés de flaques de rêves, de traces des sanguines et des fusains des songes… on a eu et on a et on aura encore beau dire et beau faire, prédire les avenirs et rafistoler les autrefois, analyser les naguères et étayer les jadis, le banal d’un instant est fabuleux comme une goutte d’eau claire sur la pointe d’un bourgeon d’une branche d’un arbre dans lequel gazouille un oiseau… les cris ne sont que le pointillé du silence…la cicatrice se referme, les chairs se refaçonnent… d’autre caresses s’y incisent, de nouveaux murmures y germent à la longue comme les vrilles des vignes s’aggripent vertement de toutes leurs ofrces de feuilles de vignes grimpantes sur un mur de briques rouges et rugueuses… ...je ne savais pas que je deviendrais un violoncelle… ...le très familier froissement d'une feuille de papier... si semblable aux tremblements des trembles ou aux froissements rutilants des saules échevelés et ébouriffés par les rafales tièdes des tête-à-queue des vents du Nord d'un été indien...presque identique aux clapotis des gouttelettes d'une source qui parmi les rocs et les ronces se fraie un lit rigolant et cascadant, enjambé par les bonds et les cris d'une harde d'enfants ou un faon solitaire détalant vers les sombres lisières des conifères ... alerté par les appels aux rûts des chasseurs maquillés de leurs noirâtres puanteurs humaines, leurs haines en bandoulières camouflées dans les blancheures rosâtres des écorces de leurs bourgeaus de bouleaux saignés à blanc...dont on parvient en fermant les paupières afin de mieux tendre l'oreille à entendre les imperceptibles dissonances des angoisses des scalps et ainsi poings fermés à faire l'écoute en se croisant les doigts de ce goutte à goutte qui se bat et se débat sous ce plan d'eau lisse des profondeurs de la mémoire de laquelle bondit leurré par un souvenir torve et flou et lumineux... un instant poisseux cherchant à soudre des vases du temps…...je ne savais pas que je deviendrais un violoncelle... cela se fait peu à peu...à la va comme je te pousses et te cries et puis se retourne sur soi-même puis s'endort le pouce dans la bouche...une feuille à la fois...cela se vit au jour de mes jours et à la nuit de mes nuits d'une vie qui se déploie et se ramifie puis se résorbe...dont celle qui a été et qui est encore et qui toujours aura été plus ou moins jamais mienne… / ...écrire...avec la plume... comme l'oiseau... le pointillé de son vol migrateur...dans l'espace du temps... prendre soin de ne pas laisser plus de trace d'encre sur une page que ne laisse de gouttes d'eau une pagaie sur le lisse du plan d'eau d'un lac… / ...il y a pire que de ne pas être reconnu...simplement ne pas avoit été banalement connu...comme tout le monde... on naît simplement méconu et l'on passe en souriant ou une larme à l'oeil sans revenir en arrière et puis l'arme à gauche droit devant l'on décède de même manière sans revenir sur nos pas...sans laisser l'adresse de la poste restante...l'oubli...qui est fait des trous de mémoires des vivants...c'est parfois ça ...même par beau temps devenir un violoncelle...quand il fait bleu et chaud et miel partout un vendredi de brunante du mois d'août... ...14 / 08 / 2020...............écrire /......avec la plume... prendre soin de ne pas laisser plus de trace d'encre sur une page que ne laisse de gouttes d'eau une pagaie sur le lisse du plan d'eau d'un lac... ou comme l'oiseau... le pointillé de son vol migrateur...dans l'espace du temps… ...16 / 08 / 2020... ...sur ma droite... la barre blanche du jour... du 20ième dimanche du temps ordinaire dans le ciel clair duquel dérive la méduse minuscule d'un nuage qui se dissout à vue d'oeil ... tout en bas de silencieux cyclistes têtes baissées après les frasques de leurs nuits sans casques protecteurs roulent à vive allure en regagnant leurs gîtes boueux ou de grands luxes... sur le trottoir gris précautionneusement une araignée gravide fait route vers son nid dont elle barricadera l'entrée du piège d'une artificieuse toile ténue et transparente... sur ma gauche une gare art déco dans laquelle si on y prête l'oreille comme le font les enfants d'une coquille vide résonnent encore les échos des attentes de voyageurs en transit vers les cieux plus cléments d'une soi-disant terre d'accueil... 28 08 / 2020 ...l'arbre abattu a-t-il connaissance ou conscience qu'il deviendra berceau, table puis cercueil et peut-être violoncelle et sera résonant des musiques des âges des salons du temps de l'éternité qui passe sans faire de bruit ni fabriquer du tapage... ? le seul clinquant que je revendique est celui des feuillages des saules ou des trembles, ou des ormes...j’aspires à ce petit matin d’une écriture comme celle dont je fais la lecture sur les pierres ou les écorces sur lesquelles la lumière grave méticuleusement et patiemment les phrases des lichens… …plus que la beauté c’est la bonté qui sauve le monde… parfois l’on frappe à des portes qui restent closes et quelques fois nos appels ricochent sur les vitres des fenêtres fermés au triple tour du je n’ai rien vu, rien entendu et rien su des silencs et de leurs cris qui retombent inertes sur le trottoir comme des cailloux blancs ou des billes d’oeil-de-chat enfouis parmis les gravats des chantiers ternes des grandes villes mornes… il n’y a que les angelots qui s’en emparent de ce précieux de pacotille et en jouent silencieusement souriant comme d’osselets dans ce jeu de à qui perd gagne de la marelle immense des mondes… sur les murs blancs de la salle des attentes de l’espace vide des espérances de jours et de nuits sinon moins pires du moins meilleurs… des fresques effacées… dans l’un des souvenirs épars de ma mémoire les à-plats art déco de l’époque des silhouettes d’hommes et de femmes et d’enfants avec leurs petites valises ou leurs énormes malles sur le quai de la gare des arrivées et des redéparts sous d’autres cieux qui ne seraient que de nouveaux ailleurs qui se se referaient des ici plus ou moins stagnants car bien souvent on ne fait que changer le mal de place ...peu d'écriture de ce livre qui hésite à se faire recueil de ce quelque chose si taciturne qu'est une vie qui se parchemine et se tavèle et se peaufine… parfois en souriant en clignant des rides des yeux qui se plissent dans cet effort que fait le regard du myope comme une taupe que je suis devenu à l’âge de 13 ans… mais c'est bien avant cette époque-là qu'il il y a eu les prémices nécessaires et les présages et les prophéties des avenirs mais surtout des devenirs violoncelle… c’est très tôt et bien avant les avants… et les en-deçà et les audelà… comme dans les mots toujours et jamais…si singuliers même au pluriel… ...je sais le maintenant et le peu à peu de ce que ressent une feuille d'arbre tombée au sol… les apprentissages des recroquevillements sur soi-même, des replis dans les rides de sa propre peau de chagrins et d’espérances.... ...ce matin, entre mes doigts usés, dans la conque du creux de la paume de ma main posée sur ma joue, le sable fin du silence de l'accalmie des ressacs… ...il a faillit s'écrire quelque chose ce matin, il y était question comme toujours et peut-être réponse d'azur mais...il a faillit... c'était presque à surgir, à naître sur les rebords des lèvres d'un silence d'encre...il allait presque prendre son envol de là où il se terrait, de cet en creux que l'on a lorsque l'on naît et qu'enfin un cri nous pousse à aller jouer dehors dans les au-delàs du nid...ce creux que l'on a de stupéfaction à la vue du premier jour qui nous regarde de son soleil ou de la pluie par-dessus notre épaule de ce momentlà...où l'on vient au monde...mais il a faillit… ce sera pour une autre fois, à un moment donné où on aura du temps à perdre c'est-à-dire de le patience devant et derrière soi... on y est presque parfois…dans l’éternité, on y touche presque parfois… + ...9 / 09 / 2020... ...ce matin c'est comme une ville sans lune... une vie humaine, la mienne… éparse comme le sont les dates des jours et des nuits ou des mois d'un agenda de petites semaines de saisons dans le désordre de la pacotille des perles d'eau douce d'un collier d'apparat défait...s'égrainent entre mes doigts maigres, sifflantes entre les gencives de mes dents arrachées, les patenôtres d'un chapelet de souffles brefs... à Lorraine Camerlain il faut…comme on dit, il faut que ça vienne tout seul… que ça vienne comme tel je suis, tel que j’ai été et tel que je serai… tout seul… sinon ça s’en va à vau-l’eau au fil du rien que des bulles en surface venues des profondeurs des vases…des phrases, de la littérature… même pas des mots crapets-soleil ou carpes qui nagent dans les courants de l’étang immobile et jettent à peine de leurs yeux et de leurs regards un clin-d’oeil grand-ouvert vers la rive sur le flou et le clou de la silhouette rectiligne et droite comme un I de la patience d’ange du pècheur machiavélique qui s’y connaît en mouches et appâts tordus à la ligne qui se murmure que ça ne mord pas aujourd’hui malgré le crachin de l’ennui et de la sueur du garde-à-vous et du garde-fou qui lui suinte des aisselles et du poitrail qui grommellera au retour à la maison rien à signaler à éventrer à poêler aujourd’hui…il faut que ça vienne tout seul sans poser de question ni donner de réponse comme l’est banalement le vivant le vivace et le bel aujourd’hui comme quelqu’un l’a écrit… à la radio...une fois les redites des actualités terminées...les résonances d'un solo de viole de gambe...un peu comme le roucoulement d'un pigeon ou les rutilements d'un ruisseau dans la gorge du dit pigeon, comme un caresse dans le cou du dit pigeon dès plus anonyme sur lequel le soleil se couche de guingois lassé d'être à angle droit, plus capable d'être d'équerre comme on pourrait dire du solstice de l'été qui laisse tout le bleu aux langueurs ambrées de l'équinoxe de l'automne qui s'étire comme un chat qui se pelotonne de nuages blancs… à la radio aussi le monocorde et le monotone de la récitation d’un chapelet… d’une prière… ...entre celui qui l’écrit et celui qui le lit, le livre fait écran ou paravent, c'est ainsi toujours le jeu du théâtre des ombres derrière lesquelles est la lueur… car la lumière étant par trop aveuglante comme le savent les poètes qui inlassablement l’apprennent à leurs dépens…bloc-notes /... +...jeudi 24 septembre....d'une 25e semaine du temps ordinaire d'une année paire de la férie… ...les longues et les brèves des phonèmes du souffle...en offrandes les oraisons des oiseaux…les neumes miennes…lorsque j‘écris ou s’écrit « je ne savais pas que je deviendrais un violoncelle » cette affirmation est à la fois fausse et vrai… dernier dimanche de septembre, étendu sur le lit se laisser dériver en direction du lundi en écoutant les clapotis de la radio qui diffuse les entrelacs des vagues à l’âme de quelques chansons chantées tout autant que chantantes et qu’enchantées des brumes des époques que l’on traversait en croyant dur comme fer que c’était le bonheur quand ce n’était que le brouillard de nos mirages qui s’émiettaient, en déroute vers l’île au trésor de la sérénité… …les monticules et les vallons des ossatures de mes mains me tiennent lieu d‘éphémérides et de calendriers non plus des mes ans mais de mes âges…je comptes encore sur mes doigts lorsque que ceux-ci s’entrelacent et se joignent pour prier…Dieu sait qui ou quoi et comment et pourquoi… ...il y a du naïf chez Alexandre dit le grand...sous sa carapace d'or et d'airain et dans son glaive d'argent qu'il porte au poing en frappant sa poitrine dans laquelle il y a du naïf...qui bat de l'aile comme les enfants qui laissent s'empêtrer leurs cerf-volants... qui tombent des nues et choient et s'immobilisent dans les branches et les bras d'un arbre…en pleurant… sur le feutré et le bleuté du papier pelure du dernier ciel de ce septembre… taches d’encre comme paraphé par l’infini… en points de suspension à la signature de l’éternité... le crystal des croassements de trois corneilles regagnant leurs nids de branches mortes…...ce que j'ai rapporté des Îles de la Madeleine il y a 2 ans c'est le friable de l'infini dont je suis fait...la force de l'éphémère dont je suis fait… j'y étais allé pour y lire, pour y dire et y parler des psaumes… des textes qui sont parfois un peu plus que des mots et des phrases presque des paroles.... étonnantes et éblouissantes comme le sont les nuages et les chatoiements des aurores boréales......les nuages qui tissent entre eux des liens...les aurores boréales qui en se déployant chantonnent à voix fermées des berceuses dans lesquelles s'ébattent et s'ébrouent des rorquals dans les yeux de qui les regarde de ce lointain qu'est la terre ferme sous nos pieds, la terre ferme qui s'ouvre sans cesser de tourner en rond comme eux dans la mer, eux dans notre âme...quand parfois on en devient une… ....ne pas céder à la tentation de la littérature...laisser le silence élaborer le verbe...ne pas encrasser du trop-plein de phrases creuses la page blanche... céder tout l'espace au diaphane et à la transparence…avancer avec l’art du savoir faire acquis, perdu et continuellement retrouvé du fil-de-fériste qui est question de vie et de mort et d’amour… savoir prévoir l’imprévisible de l’équilibre, ayant pratiqué le pas à pas et le peu à peu longuement et lentement et quasi incognito le précaire et l’éphémère d’exister parmi les apparences de mon métier… …et si il y a une tache noire ou de naissance dans mes gribouillages digitaux puique j’écris depuis peu à moins que ce ne soit depuis toujours virtuel, me dire que c’est un trou noir dans lequel on tombe de guingois, un peu moins vertical que les pendus de la ballade de Villon François de son prénom…dans une chausse-trappe sur l’en-chemin des éternités… …j’écris comme je penses, j’écris comme je respires comme je songes mes songes et rêvasses à peine et de moins en moins mes rêves de jeunesse ou de vielliesse… me viennent encore des bouffées d’enfance dont les odeurs sont tenaces comme des encens d’église… de celle des forêts de foin dans les toufffeurs des canicules de juillet ou de celles des pinèdes des habits que mon père rapportait à la maison de ses saisons de chasses et de pèches dans ces grands lacs qui ne sont la propriété de personne et encore moin de quelquesuns la plupart étant de tout temps quelconques... entre les noirs et les blancs des ombres des lattes sur la grisaille du plancher il y a des flaques de lumière…et pataugeant pieds nus je vais m’y abreuver… ...sur la barre du jour il y a le qui vive et le sauve qui peut…sous la barre du jour s’envolant par floppées il y a des pigeons qui roucoulent en se la coulant douce et dure en se bousculant en direction du bleu et du blanc et du vent… dans lequel il y a peut-être Dieu qui existe… et si peut-être tant bien que mal il existe et tente d’exister comme tout un chacun et malgré ses fatigues et son presque dégout des glèbes et des glaises il se crée presque une main, à peine le bout d’un doigt… et si Dieu existe… de son peu et de son immensité il se courbe et s’incline… en direction du racoin d’un nid dans le désordre sale duquel un oisillon sommnole et rêvasse… et dans sa sommnolence d’oisillon qui rêve et vit en dépit de Dieu qui existe peut-être et sûrement le voit ou le devine cet oisillon…le regarde bon ou malgré et droit dans le bleu ou le blanc des yeux…d’autant plus et d’autant mieux qu’il est un sansonnet aveugle-né qui ne chante pas mais fait le contrepoids aux pialleries des autres aux paillements des multitudes ...en réponse à une toute jeune femme alors qui se destinait à devenir quelqu'un dans les métiers de ce qu'on désigne comme étant l'industrie de la mode je me fis à voix haute la réflexion que la beauté est l'élégance avec laquelle on porte sa vie...il y aurait un texte à écrire sur ce sujet qui touche tant les êtres qui naissent que les êtres vieillissant dont je suis parmi les myriades de passants qui sommes toutes et faites ont effleurés la vie… je n'ai pas perdu tant mes bonnes que mes mauvaises habitudes d’enfant... je m'en mets plein les poches de ces brindilles et de ces cailloux et de ses copeaux de lumières et de clairs-obscurs scintillants de l'or des fous que que je trouves entre les rails des chemins de fer des fuseaux horraires sur lesquels je flânes et perd oied et trouve l'équilibre entre les lattes du train-train des nuages qui passent au loin très loin au-dessus de ma caboche étourdie de regarder là-haut et là-bas, enivré du vent d'être en vie et quasi invisible dans le désormais de mon ici et de mon maintenant... ...auparavant je me serais empressé de crayonner le bleu et le rose et le gris du ciel...mais et ce sans hélas je ne m'empresses plus ou si peu... je penses si tant est que je penses que cela fait aussi partie de ce phénomène qui est celui de devenir un peu plus jour après jour et soir après soir un violoncelle...une cavité, un en creux de résonances… une quelconque plénitude…comme celle des suites pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach interprétées par Pablo Casals en tête-à-tête avec le silence…avec toutes les attaques et les legatos et pizzicattis que cela comporte…on a parfois plus que besoin mais nécessité d’un ange qui nous garde et guide par les escalades de nos clairs-obscurs… l’été s’attarde, se traîne les pieds, traîne de la patte sur le rugueux gris des trottoirs, le froid fendille l’asphalte et fissure le bitume des coins de rue le long des couloirs du vent…l’été s’en va…les bruissements ocres de ses sandales de feuilles mortes de cuir fin de semelles usées jusqu’à la corde aux pieds…pendant que des enfant s’ébattent et s’ébrouent et se tiraillent, des promeneurs du dimanche nez au vent et têtes en l’air s’attardent et s’enlisent dans les sables mouvants de l’été qui trépasse… ...mis à part quelques clapotis dont celui de l'eau contre la coque du canot et celles des gouttes d'eau qui dégoulinent de la rame c'est non pas le calme plat mais une certaine paix qui fait des ronds et trace son sillage de silence sur la surface et dans les profondeurs du temps... ...parfois ça débute par un bout de phrase, une expression consacrée comme on dit…ou un lieu commun… aujourd'hui ce fût " cousu de fil blanc " ce qui m'a fait songer à une âme, la mienne entre autres, à moins ou plus sous ou sur zéro celsius ou farenheith que ce soit une vie, la mienne comme toutes les autres, par hasard...et son destin… de lettre mise à la poste sans aucune adresse sinon qu'à la grâce de Dieu comme le sont les petits bateaux de papier plié, feuille lignée de bleu et de rouge pour la marge dans laquelle je navigues à contre courant...relativement normal quand on n'aime pas les colonnes et les alignements de quelques sortes qu'elles soient et de ces airs de papier à musique bien réglé... bien chiffré… …tout point de chute est amorti par les ciconstances atténuantes en raison des la densité des nuages dans lesquelles on tombe ou plonge… ...sotto voce...le souffle et son sillage comme à mi-voix s'égoutte de la rame à son pinacle à son apogée l'eau de l'âme...immobile dans un regard à une étoile perdue et retrouvée dans une constellation alanguie sur le pointe impérieuse d'un index sur les lèvres d'une bouche et les paupières d'un sommeil…quasi rêve… non, souvenir avec ce que cela comporte de plénitude atteinte et touchée… incise, comme l’est toute cicatrice de blessure de béatitude… ce que l’on pense et songe, espère et surtout croit qu’on a été et ce qui révèle en presque fin de parcours est de même nature que les couleurs d’un vitrail qui la nuit venue ne s’irise plus de la lumière du jour… …conseil....comme elles sont un peu beaucoup et parfois encombrantes et tape-à-l'oeil et m'as-tu vu ? les ailes ne sont pas obligatoires...ni recommandées...l'esbroufe ne fait que contribuer aux tumultes et ajouter aux tapages de l’air ambiant… …hier en soirée…je n’ai pas entendu la neige tomber non plus que le temps passer absorbé que j’étais à la mise en bouche des textes et des phrases et des mots des 47 Paraboles rapportées par les évangélistes Jean, Luc, Marthieu et Marc… ...on a parfois et plus souvent qu’à son tour du moins moi j’ai l'impression de ne pas avoir été nécessaire mais à tout le moins alors on se redit qu'on a peutêtre été un peu utile... ce n'est pas le à quoi métaphysique ou théologale qui importe c'est le banalement le à qui… on était simplement silencieusement là à ce bon moment qui est celui du mauvais moment à passer dont l'autre avait besoin pour pouvoir le franchir, le traverser et se retrouver à gué sur l'autre rive de son chemin à suivre…et à vivre et survivre à cette suite de mauvais quart d’heure qui n’en finissent plus de pleuvoir ou de neiger sur les épaules et sous pieds… ne pas jouer le toc d’une quelconque plénitude… lorsque rien ne s’écrit et rien ne s’écrit pour moi sous peu importe la menace, se taire, se boucher les oreilles et surtout ne pas se fermer les yeux et fixer la page blanche et attendre, patiemment attendre et ne même pas y mettre des points de suspension et de condition sans même espérer quelque chose...c’est tout le difficile de la confiance, le saut de l’ange…l’abandon au vide et au vent… il y a dans l’air ambiant du fleuve les premiers jets des baleines et les graffitis tagués en aérosol sur le métal des wagons de trains et parmi tous les ceux-ci et aussi tous les ceux-là les in folio ou in quarto des poèmes, des mots des poèmes éparpillés sur le blanc de la page ou de la rage… il y a aussi toutes ces phrases qui ont été coulées par le fond, des tonnages de mutismes et la multitude des tomes de tout ce qui ne sera pas lu en classe, cité en exemple, gravé dans le marbre du fronton d’une académie ayant pignon et pognon sur rue… donc il y a tous les livres mais encore mieux il est tous ceux que l’on n’écrira pas…non par manque de temps et encore moins d’argent sonnant et trébuchant à perdre ou à gagner mais parce qu’on est simplement et banalement occupé à vivre nos jours et nos nuits de l’au jour le jour sans tapage toutes ces bibliothèques d’Alexendrie avec tous leurs rayonnages qui ont pris le large sans prendre la mer d’aucun souffle et l’eau de la moindre salive sur le bout d’un doigt tremblant de tourner la page pour afin et enfin savoir dans une hâte croissante et fébrile si cela finit encore bien ou mal ce chapitre de ce roman d’horreur, de cette odyssée d’amour, de ce conte de nos mille et une vie… parfois après avoir tenté d'écrire ou crayonner quelque chose sur les parois... parfois je me sens un peu et à peine humain...mais surtout à peine et un peu...inutile comme une prière de ne pas envoyer de fleurs ni de pleurs… et encore moins de peurs... …je n'ai pas entendu tomber la neige tout comme je vois de moins en moins le temps passer… ma vue baisse… pour ce qui est de ma vie elle gagne en ampleur et blancheur… j'observes les lichens rousses ou roses du bleuté de mes veines… sur mon torse et mon tronc se torsadent selon les froids des flammes et du sang… je commences à savoir vivre selon les saisons… immobile je flambes, je braises... soudainement se réveiller dans l’émail de l’obscurité d’une nuit sous zéro d’un mardi de décembre… puis se battre de l’aile et se traîner de la jambe pour pisser dans le point d’eau gelé de la pâleur grise de la barre du jour… étagère vide sur laquelle il n’est aucun Christophe ou autre saint amovible de disponible dans sa niche au calendrier lunaire… ...je n'ai jamais entendu l'aurore rugir et l'aube ne fait aucun bruit...c'est sur la pointe des pieds nus que le jour se lève et que s'avancent vers l'étang les bêtes dont je suis pour étancher leurs soifs et nécessités de lumière après l’obscurité terrible de la nuit… ...du charbonnier selon l'expression...et la moquerie et le dédain des grands dont on m'a parfois fait part... dont le coeur est porté au rouge et le corps chauffé à blanc et l'âme martelée à froid…et à foi… ...dans la vitrine du marchand du roi des habits mauriciens des trois-rivières les mannequins sont aussi immobiles et inanes que ceux des vitrines des marchands d'habits de Taipé ou de Hong-Kong ou New-York et indifférents aux fluctuations des indices des DowJones ou des Nasdaq en cette deuxième journée d'une nouvelle année au calendrier des agendas des fuseaux horaires… ...après le chant...les chatoiements versicolores des silences...comme ceux des perles au creux de la main...après les plongées en apnée dans l'eau de la mer…...une lessive est à sécher, deux assiettes et quelques ustensiles s'égouttent dans le bac, lecture des divers blogues et des actualités... rien à signaler, décoder que les petits bruits du vacarme ordinaire et pourtant ce n'est pas le calme plat...il y a le bleu impassible du ciel et du temps qui passe qu'un avion traverse en direction du soleil couché… couché sous nos pieds…qui tout au long de la lenteur de la journée ont marchés plus ou moins droit devant sont revenus sur leurs pas de départ et leurs fils d’arrivées pris un raccourci à petits pas perdus et sans retouver leurs vives allures d’avant… de ce temps des courses à coeur battant et jusqu’aux confins des bouts de souffles dans les poumons se noyant dans les remous du poéme de vivre à toute et pleine vapeur… couché sous nos pieds le soleil…bête fidèle comme ce coeur en nous qui parfois bat sa chamade d’un vertige parce que le crâne nous tourne et que le pied nous manque… ...ce que l'on perd de vue ce sont les évidences... les jours et les nuits... les 4 saisons / les 4 points cardinaux ...les 3 temps des valses de notre vie...qui font que la tête nous tourne et que le pied nous manque et nous détourne de notre coeur et de notre âme… mais il y a l’ange… l’ange nôtre qui nous garde et nous guide… l’ange… ce sans parole oiseau roux perché, asssis, jambes ballantes sur une branche dénudée ou suspendu au dessus du feuillu d’un arbre en bordure du sentier que l’on marche, du chemin que l’on cherche…l’ange qui nous murmure la clarté de la route à suivre et poursuivre… l’ange…et son brouillard dont on est le broullion dont est le soullion, l’ange et ses brumes et ses plumes…l’ange et ses opalescences et ses transparences…et soi…assis sur nos talons pendant que l’ange vole son vol et que l’on tourne dans notre rond… ...sur l'établi...un matin on se dit qu'on a lu tous les livres parce qu'on a lu et relu à l'endroit et à l'envers les contes des mille et une nuits… on en vient enfin à feuilleter le silence… en désespoir de cause on y découvre une lueur de la lumière… écoute.... de quelques plages de Roberta Flack, Shirley Horn...du sable fin, doux et chaud sans être brûlant ...puis du silence...du presque silence de celui du bleu et du vert des vagues...et du lointain dont on se sent soudain si proche...duquel on s'éloigne et dans lequel on laisse l'empreinte de nos doigts de pieds comme le font les oiseaux...qui se glaçent pour mourrir... qu'on n'a pas lu mais qu'on a quelque peu réécrit par hasard dans nos mémoires dans ces pages qui ne seront jamais publiées ni de notre vivant ni de notre mort parce qu'arrachées du cahier silencieusement ligné des paumes de nos mains qui ne se remémorent ni des courbes ni des arrêtes de nos larmes et du sourire de quelqu'un dans son sommeil dont on n'a pas été le rêve… dans l’obscurité au ralenti de la porte du bar d’un sous-sol d’un soir de février de l’hiver de cette année-là qui a été et qui est encore et sera toujours et à jamais d’une exceptionnelle douceur, d’une étrange tendresse cette année-là… déjà…et à peine 37 ans qu’il a poussé cette porte dans le cadrage de laquelle il n’était qu’une silhouette qui ouvrait une porte devant lui et dans laquelle je m’engouffrais…une porte qui se refermait derrière moi 3 ans plus loin… et puis cela s’est cicatrisé petit à petit, cautérisé à vue d’oeil… au simple et imaginaire toucher des doigts, au glisser des empreintes digitales des souvenirs sur la peau lisse dans le pileux de la nuque qui se courbe sous la caresse d’une lame tiède encore du poing et du poids de la force qui la tenait durant dix ans d’attente… et à la longue cela s’est suturé minutieusement doucement toutes ces balâfres violentes et brûlantes des espérances du quelconque et du banal d’une peine d’amour et de son irrémédiable parce qu’est sans remède un chagrin de l’âme durant vingt-tois années ...regader passer le temps...c'est parfois écouter les clairs-obscurs, prêter l'oreille aux battements de son coeur qui tient du battement des ailes d'un oiseau ou de l'âme...entendre un chant sur la plus haute ou la plus basse branche d'un arbre...le savoir sans le voir là en soi et dire merci sans attendre le bienvenu mais qui toujours nous vient aux lèvres dans le sourire des yeux...dans les brunantes de l’âge d’une fin de journée et de voyage…. ...parfois lorsque l'on est sans mot... peu à peu notre silence se fait parole… c'est alors, lors de cet instant durant lequel on retient son souffle que l'on peut tremper la pointe acérée de la plume dans la petite bouteille de verre biseautée dans laquelle hurle l'encre noire… ...presque...parfois c'est presque...dans l'antre de nos poumons, sur le rebord des lèvres un trop plein ou un trop vide, sur le bout de la langue même pas pas une syllabe ou un soupir soupiré...dans la cavité d'une des valvules de ce qui nous tient lieu et feu de coeur et de nos chamades de l’âme... ...l'une des plus grandes et séduisantes tentations de la littérature est celle d'écrire...en plus de la patience le silence a l'oreille fine et chez moi au moindre mouvement des doigts ou des lèvres la phrase détale et s'enfuit à folle allure… et ma belle épouvante, froissée est mise au panier… plus que sotto voce c’est bocca chiusa, en apnée que je parviens à écrire et encore là je ne fais que transcrire la plongée et raconte une fois revenu en surface la nacre de ce quelque chose qu’on nomme un souffle… tacitrune mais sans la nostalgie des choses, de la sciure des applaudissements du chapiteau et de sa piste sur laquelle on tourne en ronds et en bonds, des bouches bées, des visages effrayées et effarées par des frayeurs fausses, du souffleur dans la fosse d’orchestre mais j’ai déjà écrit quelque chose à ce propos dans un carnet certaines personnes s’attachent à leurs cabrements leurs cabrioles leurs calvacades ...je ne savais pas que je deviendrais un violoncelle et de plus j'ignorais que je n'en jouerais presque pas ou au mieux très peu...à l'occasion très rare donc par le fait même précieuse... qui fait le larron...plus ou moins bon ou mauvais.. comme tout un chacun… comnme tout le monde….un silence incertain précédant le pizzicati de quelques notes puis de nouveau un silence plus ou moins long ou lent puis selon le bond, l’élan, la courbe de l’arc de la plongée sans éclaboussures dans le glissando d’un souvenir d’il y a mille ans soit la durée d’un instant intact et qui cela va de soi est à peine sépia, jauni, fané, sous la paupière fermée close, à peine usé parce qu’on le regarde rarement parce que ça fait encore mal après toutes ces décennies cet éclat de lumière endormi dans le lit défait et tiède de cet après-midi dans notre mémoire…la fenêtre était ouverte et la ville n’était plus un vacarme et encore moins qu’une rumeur vague des ressacs de nos corps… ...l'apprentissage du silence est aussi un apprentissage du langage.. ...sans verser dans les ornières des nostalgies dans lesquelles on s'embourbent parfois jusqu'aux essieux ce qui ne risque pas de m'arriver puisque j'y flânes à pied...des souvenirs qui sont peut-être des rappels me reviennent et s'en vont car certains passent tout droit et s'en vont sans se retourner tout comme je fais en marchant droit devant ce je penses ou ai cru être moi… ....difficile de dire après lequel des mille et un combats… cela a été crayonné… on apprend à la dure qu'il n'y a ni perdant ni gagnant...malgré les gains et les pertes il ne reste que les vains coeurs...cette majorité dont les tapages se font silences sous de petits monticules de terre meuble… ( après vérification c'était le 28 décembre 2019 que j’ai crayonné le petit hibou ébourrifé )...suite.... il y a des jours comme ce 28 décembre, des jours comme « ça », qui ne laissent aucune traces, qui nous glissent dessus comme la pluie ou la neige sur le dos d'un canard, de préférence un malard au cause du vert sur le col et du port de tête, impassible pendant qu'en-dessous de lui c'est le tumulte dans les profondeurs qui le portent souverainement impérial et comme impassible au milieu des éléments...fixe comme son oeil, altier comme on dit de plus en plus rarement de nos jours... altier sans être cependant hautain et encore moins dédaigneux ou arrogant d'être altier... altier tout simplement et banalement...comme la beauté...à moins que ce ne soit encore plus banalement la bonté…...une fois tues les actualités radiophoniques de dix-huits heure, il y a ce quart-d'heure de musiques durant lequel, très souvent, reviennent les roucoulades et les saccades de duos ou de solos de violes de gambe… cela fait plus que plaire, cela me parle...ces confidences sonores... avec leurs staccatos et leurs glissandos...et leurs sourires lumineux de ces voix chères qui se sont tues comme l'a écrit Paul Verlaine… l'a rédigé Paul Verlaine dans son rêve familier qui faisait plus que préférer l'impair...qui ne gagne jamais la partie n'ayant que le rien à perdre… ...faire et refaire son nid... tout en sachant qu'il ne sera fait que de brindilles, de bouts de branchette, de lainages effilochés, glanés selon la bienveillance des hasards…de Dieu autre manière de nommer la miséricorde… " cela... tout cela et rien que cela, change à la fois si peu et beaucoup de choses..." dit-il en fixant la feuille de papier de la partition posée devant lui, les doigts encore appuyés sur les touches du clavier...les becs du clavecin s'étaient immobilisés…Couperin ou Frescobaldi ou de Johan Jacob Froberger le tombeau sur la mort de Monsieur de Blancheroche s’était refermé sur luimême ..sur votre gauche soit côté coeur qui n'est peut-être que l'endroit ou l'envers de l'âme dont il est rarement tant question que réponse à notre époque aux interrogations que se pose sans se reposer un instant dans l’éternité à répétions en rafales notre coeur avec ses battements d’ailes... ...je ne savais pas que je deviendrais un violoncelle...tout comme je ne parviens pas toujours pas à connaître si ces mots et ces phrases et ces paragraphes... mes mots et mes phrases et mes paragraphes se feront recueil retraçant à peine un démarche qui tient de celle des vertiges ou des vestiges d'un fil-de-fériste… qui n’entend que le vent sifflant à ses oreilles et les coups de vents sur ses tympans, bourdonnant et gromellant…grasseyant…l'on ne sait trop quoi de l'espèce humaine… ... les circonstances actuelles sont on ne peut plus propices au confinement... lequel nous contraint au tête-à-tête avec cet être avec lequel on fait depuis dès avant même notre premier cri à l'air libre, notre petit-bonhomme de chemin, qu'on croit connaître tant le chemin que le passant sur le bout de nos doigts dans les veines et les lignes de nos mains et les courbes de nos bras et les fuseaux horairesde nos jambes dans lesquelles bât le sang en sourdine...le coeur ce muscle fidèle et constant sur lequel on se fie pour nous murmurer qu'on est bel et bien en vie, encore et toujours, malgré tous les malgrés traversés à l'endroit et à l'envers tant de nos solitudes que de nos multitudes… ...l'heure de la lampe du soir... celle et la seule qui me permet d’y voir clair sur la carte du temps de cet espace-temps mien avec ses errances et ses haltes... ses flammes des bivouacs auxquels on s'est réchauffé les mains et les âmes dont les visages émergeaient dans nos nuits et nos vies comme des îles au trésor de lumière… pourquoi quelqu'un se donne-t-il la peine et la joie d'écrire...pour simplement rien que la joie et la peine... à date c'est la seule définition que j'ai cherché et aussi trouvé de ce que l'on désigne maladroitement comme étant du bonheur… exactement et précisément comme la gloire... d'être exposé sur la porte du réfrigérateur de la cuisine...jusqu'au prochain crayonnage qui sera encore plus évident que le précédent… ...il en neige comme ça depuis quelques heures des myriades...et des myriades et des myriades...et le ciel ne s'en lasse pas et la terre ne s'en lasse pas...et ni l'un ni l'autre ne s'en étonne hormis quelques enfants et quelques vieillards...leurs regard rivés et leurs visages éblouissant de leurs lumières les fenêtres du miracle de leurs émerveillements… mémo...c'est ce qui ne nous oublie pas, ce qui nous tient et nous retient...rarement et donc parfois ce sont des personnes... rares il va sans dire...que la vie nous désigne pour devenir l'ami...de là le singulier et le précieux ..,comme l'a écrit Michel de Montaigne...parce que c'était lui, parce que c'était moi… ...3 crayonnages...datant de l'automne 2016 fébrilité et étonnement de faire surgir du bout du doigt ces paysage enfouis dans les abysses et les abîmes de l'âme qui retenait ce qui me restait de mon souffle ...cette buée...qui faisait encore une trace sur le miroir de la nuit et de la vie telle une étoile filante dont les mille noeuds se dénouaient à vue d’oeil...affairé que j’étais à devenir un violoncelle… ..une nuée de lucioles nous est aussi lointaine que l'est une galaxie… à deux doigts de l'encrier minuscule dans lequel je plonge en apnée pour transcrire l'invisible et l'indélébilité de la silhouette d'un ange que personne ne voit et encore moins regarde et contemple… car il tient d'un blizzard de transparences semblables à celles du prestidigitateur qui sous nos yeux éblouis et ébahis d'éternels enfants fait surgir puis se résorber l'espace et le temps de ces deux facettes de la même pièce de menue monnaie lancée dans l'air du ni vu ni connu je t'embrouille de l’existence... ...l'heure de la lampe du soir... celle permet de faire le point d'y voir un peu mieux le parcours sur la carte de nos géographies de vallées rocailleuses et de sentiers montagneux, de nos montées et de nos haltes avec vue sur les abîmes franchies derrière soi...et les escarpements friables du calcaire à nos pieds… ...l'heure de la lampe... de celle d'une silhouette qui se penche sur les parcours des boucles plus ou moins bouclées ... en écoutant quelques quatuors pour cordes de Bedřich Smetana ou Antonin Dvořák ...un bref vidéo vu et regardé deux fois plutôt qu'une qui redit l'évidence que la beauté sauve le monde...simplement un cygne qui se pose sur un plan d"eau... la grâce exige la force de la faiblesse de l'abandon … ... ne pas me faire le scribe ni de mes insolations ni de mes engelures … ne transcrire que la liste du strict nécessaire… l'eau, l'air, le feu… pour ce qui est de la terre en continuer l'arpentage amorcé il y a de cela déjà et à peine 72 ans... ... comme tous les " debout ", les " sur leurs gardes " et leurs " qui vive " du moins et de leurs mieux incluant aussi de leurs pires... je ne savais pas que je deviendrais un violoncelle ... un abattu, un débité, un équaari, un au sol et même en dessous… un renversé... la tête et les pieds tournés et pointés en direction du soleil... le regard fixe et grand ouvert fixé sur la mobilité d'une étoile parmi les milliards d’autres qui girent autour et en-dedans de moi tombé simplement par terre de tout leurs longs et leurs lents élans de leurs vies ... presque muettes si ce n'étaient des brises dans les feuillages et les ramures de ce qu’on désigne faute de mieux et de mots comme étant et surtout ayant été des souvenirs … les clapotis du vague à l’âme si tant est qu’existe cette nostalgie d’avoir été dans les clafoutis  d’une funéraille ....

...ont été publiés les textes......  

le sans parole oiseau roux ( pour lequel un prix m'a été remis par La Société des Poètes canadiens-français )  / une lettre de granite suivi de couleur : corail  / un greyhound afghan  ( lequel avait été rejeté dans un numéro thématique puis qui fût finalement publié et pour lequel j'ai été mis  en nomination  pour le prix de la revue Moebius )  / parution du texte "des jobines & des jours " / extrait du recueil non publié " les pluies " dans la revue " Les soirs rouges "  bulletin de liaison de la Société des Écrivains de la Mauricie numéro 5, novembre 2001... dans le volume 2, numéro 1, janvier 2001 du dit bulletin compte rendu par Réjean Bonenfant de la soirée de lecture donnée au Zénob  le 17  janvier  2001 en présence de la romancière Louise Lacoursière, de la nouvellsite Judith Cowan et des poètes Paul Dallaire et Guy Marchamps             /